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Le patrimoine naturel

Le patrimoine naturel de la Vallée de la Lanterne

Concernant les habitats, le site de la Vallée de la Lanterne possède une forte diversité. En effet, 34 Habitats d'Intérêt Communautaire (HIC) sont recensés occupant plus de 50 % de la superficie déjà inventoriée. Proportion essentiellement liée à une forte présence des milieux forestiers.

Pour plus de détails sur les habitats présents sur le site : Liste des habitats d'intérêt communautaire

Les habitats forestiers :

Aulnaie marécageuseLe groupement d’habitat d’intérêt communautaire majoritaire sur le site est l’hêtraies-chênaie continentale (9130), elle occupe 5260 ha. Mais les forêts qui représentent le plus fort enjeu sont les forêts alluviales (91E0*). En effet ce groupement est exclusivement composé d’habitats d’intérêt communautaire prioritaires, 8 en tout, principalement des forêts alluviales à Aulnes glutineux et Frênes communs. Ces habitats occupent le lit majeur des cours d’eau recouvert d’alluvions récentes et soumis à des crues régulières. On les retrouves également en situation de stations humides, inondées périodiquement par la remontée de la nappe d’eau souterraine, ou en bordure de sources et de suintements.

Le nord-est du site, sous influences vosgiennes, se caractérise par une forte présence de hêtraie-chênaie (9130) sur les versants et d’une hêtraie acidiphile (9110) sur les roches les plus acides. En bas de versant, la pente s’adoucit et la présence de la nappe à proximité de la surface aboutit à l’expression d’une végétation plus hygrophile caractéristique de la frênaie-ormaie (91E0*) ou de l’aulnaie marécageuse.

Au sud-est, la plaine de la Lanterne présente une microtopographie qui induit une alternance entre la hêtraie-chênaie (9130) et la chênaie pédonculée (9160 et 9190). Dans les dépressions et les queues d’étangs il est possible de rencontrer des aulnaies marécageuses.

Enfin à l’ouest du site, dans les vallées alluviales, les habitats sont majoritairement des frênaies-ormaies et des aulnaies-frênaies (91E0*). Lorsque le lit majeur est assez large et que la pente se relève, on rencontre des chênaies pédonculées. Le long des cours d’eau et sur les sols graveleux, il est aussi possible de trouver des saulaies arborescentes (91E0*).

Les Habitats des milieux ouverts :

Prairies maigres de fauche de basse altitudeLes habitats prairiaux sur le site sont dominés par les pelouses maigres de fauche de basse altitude (6510) qui occupent près de 900 ha. Habitat assez répandu dans la région, son intérêt réside dans le maintien d’un cortège floristique très diversifié, assurant une alimentation variée aux petits invertébrés.

Ces habitats sont liés à la pratique de la fauche ; en situation de pâturage le cortège floristique change et ces habitats laissent place à d’autres de moindre intérêt. Il convient donc de favoriser les pratiques de fauche afin de pérenniser cet habitat.

Les mégaphorbiaies hydrophiles d’ourlets (6430) apparaissent au profit de la déprise agricole de milieux présentés précédemment. Elles sont constituées par un très vaste ensemble de communautés correspondant à des végétations de hautes herbes de type mégaphorbiaies et de lisières forestières.

Habitats aquatiques :

12 habitats d’intérêt communautaire aquatiques sont répertoriés sur la Vallée de la Lanterne, 2 sont liés à des eaux courantes, 6 aux eaux stagnantes ou à faible courant et 4 aux milieux tourbeux.

Herbier à renonculesSur le site, concernant les habitats des eaux courantes, on rencontre principalement des rivières à renoncules (3260). Il s’agit d’une végétation d’herbiers aquatiques étalés dans le sens du courant composées essentiellement de renoncule fluitante. Ce groupement végétal est bien développé dans le lit mineur des cours d’eau bien oxygénés (Lanterne, Semouse, Combeauté, Breuchin, etc.), rapides et bien ensoleillés, sur les radiers le plus souvent.

Pour ce qui est des eaux stagnantes deux habitats dominent sur le site ; les lacs eutrophes naturels (3150) et les Eaux stagnantes, oligotrophes à mésotrophes (3130).

Tourbière de transitionOn rencontre aussi sur le site des milieux tourbeux et para-tourbeux, 4 habitats peuvent être regroupés dans cette appellation. Trois sont d'intérêt communautaire, Les mares dystrophes naturelles (3160), les tourbières de transitions et tremblants (7140), les dépressions sur substrats tourbeux (7150) et un d’intérêt prioritaire, les végétations de tourbières hautes actives (7110*).

Concernant les espèces présentent sur le site de la Vallée de la Lanterne nous ne disposons que de données partielles mais suite aux inventaires déjà menés un fort potentiel écologique ressort. 

En effet, les différent milieux abritent une faune riche et diversifiée.
De très nombreuses espèces d’oiseaux y ont été identifiées, dont 22 inscrites à l’annexe I de la directive Oiseaux. Parmi les espèces protégées nicheuses, certaines sont directement inféodées aux cours d’eau ou aux zones marécageuses ; le Blongios nain, héron de petite taille, particulièrement rare, habite les roselières. . On rencontre aussi le Bihoreau gris, autre héron souvent présent à proximité des arbres des zones humides, ainsi que le Martin pêcheur et la Marouette ponctuée, dans les surfaces vaseuses et peu profondes des marais bordés d'une végétation touffue. La présence de celle-ci, bien qu’occasionnelle ici, a toute son importance de par la continuité avec les sites de nidification de la vallée de la saône.
Quelques rapaces sont également remarquables ; le Busard Saint martin, le Busard cendré, le Milan noir, le Milan royal, et la Bondrée apivore. La présence de cette dernière parmi les oiseaux nichant sur le site n’est pas la seule à témoigner de la richesse entomologique du site ; la Pie-grièche écorcheur, le Gobemouche à collier ainsi que trois espèces de pics dépendent directement de la présence d’insectes variés. Précisons que la population de gobemouches à collier, comptant au moins une quarantaine d’individus, constitue l’unique population nicheuse de Franche-Comté. Cette espèce occupe les vieilles futaies de chênes, et certains stades de régénération.
Quant aux effectifs de Pic cendré, ils pourraient être parmi les plus importants de la région.

Bien que la qualité de l’eau des deux rivières ne soit pas optimale, car altérée par différents rejets (domestiques, purins, phytosanitaires), les vallées de la Lanterne et du Breuchin constituent des systèmes écologiques remarquables comme en attestait la présence jusqu’à une date récente d’une espèce aquatique très rare pour le bassin hydrographique franc-comtois : l’Apron.


On y rencontre de nombreuses autres espèces animales aquatiques (parmi lesquelles 22 poissons) aux exigences écologiques variées, allant de lEcrevisse à pieds blancs, dans les secteurs supérieurs et moyens, au Brochet, dans les zones aval (basse Lanterne notamment). Le Breuchin est une des plus belles rivières à Ombre de l’est de la France, particulièrement riche en frayères. Son lit majeur est large et riche en systèmes latéraux, moins nombreux sur la Lanterne, qui constituent des lieux de reproduction privilégiés pour la truite sauvage
.

Leucorrhine à gros thoraxDeux espèces de libellules sont à signaler également, témoins de la bonne qualité de l’eau : la Leucorrhine à gros thorax, et l’Agrion de Mercure dont les larves, aquatiques, se développent dans les petits ruisseaux ou fossés à faible courant. La présence de zones ouvertes, prairies ou friches, présentant cependant de petites zones boisées ou des secteurs forestiers, est un facteur indispensable à leur développement.

Les amphibiens sont représentés par deux espèces, le triton crêté dont une seule station est actuellement connue et le sonneur à ventre jaune dont au moins six stations sont rescensés.

Pour ce qui est des mammifères, dans l'état actuel des connaissances, 4 espèces de chiroptères d’intérêt communautaire sont connuent sur le site ; le Petit rhinolophe, le Murin à oreilles échancrées, le Murin de Bechstein et le Grand murin. Toutes ces espèces fréquentent majoritairement des milieux ouverts et aux vues du caractère très forestier du site, de nombreuses espèces peuvent être envisagées comme la Barbastelle d’Europe. Une étude est en cours pour confirmer ces supposition.

Pour finir sur les mammifère, il est à noter que le Castor d'Europe revient progressivement sur le bassin principalement dans la zone de confluence entre la LAnterne et la Semouse où sa présence est avérée.

Au sujet des espèces végétales trois d’intérêt communautaire sont signalées sur le site :

  • La Dicrane verte, espèce encore mal connue du point de vue de sa répartition mais dont le potentiel sur le site est fort, au vu de la superficie de hêtraie, habitat préférentiel de l’espèce.
  • Le Trichomanès remarquable, connu sur une seule station dans le site, se trouve dans un état de conservation plutôt défavorable. Des efforts dans la gestion devront être faits afin de préserver l’espèce.
  • Caldésie à feuilles de parnassieLa Caldésie à feuille de Parnassie, espèce aquatique à fort enjeu exclusivement présente en franche comté sur le bassin de la Lanterne, est  recensée sur une seul station et son état de conservation est favorable.